Posts Tagged ‘actu’

A 42 ans, Davide Rebellin poursuit sa carrière en toute discrétion chez les Polonais de CCC Polsat. L’Italien se présentera à l’Amstel Gold Race avec de sérieuses ambitions.

Davide Rebellin en octobre 2013 au départ de Paris-Bourges (L’Equipe)

Davide Rebellin en octobre 2013 au départ de Paris-Bourges (L'Equipe)

A une époque, il était surnommé ‘’l’enfant de choeur’’. Pour sa foi revendiquée, pour sa discrétion témoignant d’une grande timidité et pour son regard si doux, plein d’humilité. En 2014, Davide Rebellin serait plutôt un moine bénédictin, par son aspect chétif (1,71 m, 63 kg), toujours austère d’apparence et dédié à sa tâche quotidienne sans orgueil, voire un moine bouddhiste avec son maillot orange vif, celui de l’équipe polonaise de Continental Pro CCC Polsat.

Davide Rebellin, un leader toujours discret (L’Equipe)

«Des fois, je me demande s’il est bien dans le bus ou même dans l’équipe» «Il est très silencieux. Il ne parle pas beaucoup. Des fois, je me demande s’il est bien dans le bus ou même dans l’équipe, raconte l’un des directeurs sportifs de l’équipe, Piotr Wadecki. Même s’il ne parle pas beaucoup, c’est un très bon exemple pour les jeunes. Il s’entraîne très dur. Quand tu t’assoies avec lui à table, il est discret, tranquille. Sa vie tourne autour du vélo 24 heures sur 24. Il ne fait pas sentir que c’était une star.» Oui une star, car ce coureur né en 1971 s’est construit un palmarès incroyable une fois passée la trentaine : trois victoires à la Flèche Wallonne (2004, 2007 et 2009) et surtout un triplé exceptionnel dans les classiques ardennaises en 2004.
 
Trois coureurs de la génération 1971 sont encore des protagonistes du peloton : Chris Horner, Jens Voigt et Davide Rebellin. Quand Rebellin est passé pro, en 1992, Lance Armstrong était inconnu en Europe, Miguel Indurain débutait son quinquennat de domination sur le Tour de France et les coureurs français étaient encore capables de gagner le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Vingt-deux ans plus tard, l’Italien ne pense toujours pas à la retraite, à l’image de Chris Horner et Jens Voigt, les deux autres vétérans de la génération 1971. «Je suis encore très motivé. Oui, je me fais encore plaisir, raconte-t-il. C’est un peu étrange car je ne connais presque plus personne dans le peloton. Beaucoup de jeunes coureurs viennent me demander des conseils, ils me disent que je suis leur idole. Même des collègues pro.»
Pourtant, même avec son allure monacale, on ne plus dire qu’on pourrait lui vendre le bon Dieu sans confession. Comme beaucoup de  leaders de son époque, Rebellin a été rattrapé par une affaire de dopage : contrôlé positif à l’EPO-Cera lors des JO 2008, il a été suspendu deux ans entre 2009 et 2011, sans jamais passer aux aveux. «Dans son esprit, il a quelque chose à prouver, estime Wadecki. Il veut dissiper le trouble autour de lui. Il veut montrer qu’il est encore aux affaires. Il peut continuer à gagner des courses. »

Encore un an ou deux ?

Cette année, l’Italien tourne autour de la victoire : 3e du Tour de Murcie, 3e de la première étape de la Ruta del Sol (entre Valverde, Mollema, Porte et Sanchez). Mercredi, il était encore septième de la Flèche Brabançonne, dernière répétition avant l’Amstel Gold Race (ce dimanche). « Pour moi, il peut faire podium, annonce Wadecki. Il pense à la victoire. Il est motivé, il sait qu’il peut montrer sa forme. Il va jouer son va-tout. » Mais ce ne sera pas encore son jubilé. «Les jambes tiennent, le corps tient. Je ne sais pas jusqu’où j’irai», dit-il. D’ailleurs, l’équipe CCC-Polsat a déjà envie de prolonger son contrat d’un an ou deux.

Chez Polsat (L’Equipe)

Anthony THOMAS-COMMIN / L’EQUIPE

Advertisements